Dossier du mois : QUE PROPOSER AUX JEUNES GENERATIONS ?
Thierry lance le débat...
Bonjour chers militants.
Je vous propose effectivement de consacrer ce mois de confinement à réfléchir à la situation de nos jeunes et à ce que nous pouvons leur proposer.
Il nous faut d’abord les écouter. C’est pourquoi j’ai demandé à nos jeunes adhérents d’exprimer leurs difficultés présentes, leurs attentes et leurs espérances.
Nous pourrons ensuite confronter leurs idées avec les propositions de notre parti (Rapport d'étape, forum 4, pages 35 à 44), que vous trouverez en cliquant sur le bouton ci-dessous "Propositions du parti".
Je vous invite tous à faire part de vos réflexions et idées en cliquant sur le premier bouton "Réagir et proposer". Vos remarques seront affichées ci-dessous pour nourrir notre débat.
Courant mai nous conclurons ce mois de réflexion par une table-ronde (date non encore fixée) avec Max Brisson, sénateur des Pyrénées-Atlantiques, et par la rédaction d’un rapport que nous enverrons à notre direction nationale.
Bonne réflexion !
Réflexions et idées pour nourrir le débat
Serge (octobre 2020)
Remarques sur les propositions de notre parti pour les jeunes générations
(Chapitre 4 du rapport d'étape des forums "Avec les jeunes, préparer l'avenir")
Les « jeunes » dont on parle ici, sont les jeunes adultes à l’issue de leur scolarité à 18 ans. Il est bon de le préciser.
Le forum dénonce à juste titre la situation que la société française réserve à ces nouveaux adultes, dont beaucoup connaissent la précarité, le chômage et l’échec au début des études supérieures. Mais il ne tient pas assez compte que, comme toutes les statistiques, celles qu’il présente écrêtent les données extrêmes et ne reflètent pas la réalité d’une France à deux vitesses dans laquelle les difficultés décrites sont vécues en grande majorité par les jeunes issus des milieux les moins favorisés, du fait de leur situation économique, leur niveau culturel, leur éloignement des métropoles, leur degré d’assimilation.
Aussi ce forum présente-il des propositions qui répondent aux problèmes de façon directe et ponctuelle, sans les mettre en perspective des problèmes globaux de la société française.
Ainsi l’échec de 60% des étudiants dès la première année d’études supérieures, s’il est vécu par eux comme la conséquence d’une mauvaise orientation au lycée, a pour vrai motif que ces étudiants n’ont tout simplement pas le niveau requis pour entreprendre des études supérieures, quelles qu’elles soient. Ceci est le résultat d’un système scolaire fortement dégradé. Ce n’est donc pas le seul lycée qu’il faut réformer, mais tout le système scolaire qu’il faut refonder, de la maternelle à la terminale.
L’orientation vers les filières professionnelles proposée aux élèves en cours de scolarité est souvent considérée comme dévalorisante par les familles. Cet état d’esprit doit changer. Les mesures proposées pour rendre plus attractives les filières professionnelles sont toujours bonnes à prendre mais auront peu d’effet tant que les professions correspondantes ne seront pas reconnues à leur juste valeur et mieux rémunérées. Attention cependant aux spécialisations professionnelles trop précoces : ces formations ne dispensent pas d’acquérir de solides connaissances générales, permettant l’exercice intelligent de toute profession, à quelque niveau que ce soit, et facilitant les changements professionnels ultérieurs.
Quant à la précarité de beaucoup de jeunes, elle mérite mieux que des mesures partielles ou de simples vœux pieux. Elle doit être traitée dans un plan d’ensemble de lutte contre la pauvreté, qui passe par la refonte complète du système des prestations sociales. Le revenu universel réglerait le problème de la très grande précarité d’un grand nombre d’étudiants, pourvu que par ailleurs leur logement ait été pris en charge.
Serge (27/04/2021)
« Que proposer aux jeunes générations ? »... Cette question en appelle d’autres.
D’abord définir qui est concerné. Les « jeunes » dont on parle ici sont les jeunes adultes à l’issue de leur scolarité à 18 ans, soit la tranche d’âges des 18-25 ans ou des18-30 ans, voire des 18-35 ans.
Ensuite savoir quels sont les besoins de ces jeunes générations, puisque toute proposition n’a de sens que si elle répond à leurs aspirations. Il suffit pour cela de les écouter. Ils veulent vivre pleinement leur nouvelle liberté acquise à leur majorité, celle de choisir leur voie, de poursuivre des études supérieures ou de se lancer dans la vie professionnelle, de passer des contrats sans en référer à quiconque (mariage, pacs, ouverture de comptes bancaires,…), et également d’être pleinement responsables de leurs choix comme de répondre de leurs actes. Il convient donc de leur en donner les moyens :
- s’ils sont étudiants, par des filières de formation de grandes qualités, par l’accès facilité à des logements décents, et par l’éradication de la précarité de beaucoup d’entre eux (le revenu universel serait une piste à explorer) ;
- s’ils sont jeunes travailleurs, par l’aide à l’insertion dans la vie professionnelle (statut de l’apprenti et du stagiaire, charges sociales adaptées, …), par la valorisation des métiers manuels et par la revalorisation salariale (le salaire réel moyen à 25 ans a été divisé par 2 en 50 ans !).
Les propositions de notre parti (chapitre 4 du rapport d’étape des forums « Avec les jeunes, préparer l’avenir ») sont loin de répondre à ces attentes.
Mais ce n’est pas tout :
- il faut préparer les jeunes générations qui suivront à l’exercice de leur future liberté d’adulte, et pour cela réformer de fond en comble, de la maternelle à la terminale, l’école républicaine détruite par 50 ans de pédagogisme doctrinaire,
- il faut permettre le financement des propositions en faveur des jeunes générations, et pour cela mettre un terme à la gabegie étatique, ne serait-ce que pour en finir avec les déficits endémiques et ne pas leur laisser en héritage les dettes abyssales accumulées.
De proche en proche, c’est tout un projet sociétal que nous devons bâtir et proposer aux jeunes générations.
Et là se pose une troisième question sous-jacente à notre question initiale : par qui doivent être faites ces propositions ?...
A l’évidence par les jeunes générations elles-mêmes, qui vivront plus certainement que les anciennes les conséquences dans 20 ou 30 ans de leurs choix d’aujourd’hui. Or leur expression fait souvent défaut : le taux d’abstention des 18-25 ans aux diverses élections dépasse fréquemment les 60%. C’est là, outre le constat d’une formation ratée par l’école à la citoyenneté, le signe d’une démocratie malade qui appelle de profonds changements.
La mise en œuvre d’une réelle et totale décentralisation, en rupture avec des siècles de centralisme étatique aujourd’hui défaillant, devrait être l’axe majeur de ce renouveau démocratique, car c’est bien au niveau local que les jeunes adultes peuvent le plus facilement être associés à la prise des décisions et à la gestion du bien public.