Conférence-débat tenue pour célébrer le 50e anniversaire de la mort du Général de Gaulle
Réunion tenue le mardi 9 novembre à 18h00 par internet, animée par Thierry Rambaud, responsable de la 3e circonscription, avec la participation d’Hervé Gaymard (ancien ministre, président de la fondation Charles de Gaulle), d‘Arnaud Teyssier (haut-fonctionnaire) et de Frédéric Turpin (professeur des universités).
QUE RESTE-T-IL DE L'HERITAGE DU GENERAL DE GAULLE ET DU GAULLISME ?
Pour Hervé Gaymard, au-delà des grandes réalisations (l’indépendance et la place de la France dans le monde, la force nucléaire de dissuasion, la décolonisation, les institutions de la 5e république, l’autorité de l’Etat, l’assainissement des finances publiques…) qui appartiennent à l’histoire, au-delà des grands messages (le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, la participation, …) même s’ils sont toujours d’actualité, l’héritage du Général de Gaulle se situe dans l’exemple qu’il nous invite à suivre, celui d’une éthique personnelle, d’une attitude par rapport à la vie consistant pour chacun à penser par soi-même et à ne jamais désespérer de rien. Aussi cet héritage peut-il être revendiqué par tous, tel que l’entretient la fondation Charles de Gaulle dans un esprit totalement apolitique.
Cette exigence gaullienne, Arnaud Teyssier choisit paradoxalement de l’illustrer par la dernière année d’activité publique du Général de Gaulle, qui pourrait apparaître comme étant celle des échecs, de la révolte de mai 1968 au référendum manqué d’avril 1969. Quand tout semble perdu, le Général rétablit la situation ; s’il a été surpris par la forme prise par la révolte, il perçoit la nécessité d’une mutation de la société française et le besoin de plus de démocratie directe qui l’ont motivée. Le référendum présente un texte complexe expliquant en partie son rejet, mais la graine était semée, et le fait régional qu’il prévoyait finira par s’imposer.
Parmi les nombreuses figures historiques donnant l’exemple de l’éthique gaullienne. Frédéric Turpin choisit celle de Pierre Messmer, dont le parcours, digne d’un roman d’aventures jusqu’aux plus hauts postes de l’Etat, est placé sous le signe d’une loyauté constante à ses idéaux librement choisis.
En conclusion, à la question de savoir comment aborder les problèmes actuels et tenter de les résoudre dans une attitude « gaullienne », nos historiens conférenciers répondent, sans craindre de paraître « prêcher pour leur paroisse », qu’il ne faut pas hésiter à se référer à l’histoire comme le faisait le Général de Gaulle pour donner sens et cohérence à toutes réflexions, idées, propositions et actes.
Références bibliographiques :
- Lettres numériques de la Fondation Charles de Gaulle (www.charles-de-gaulle.org)
- Arnaud Teyssier, « De Gaulle, 1969, l’autre révolution » (Perrin 2019)
- Frédéric Turpin, « Pierre Messmer » (Perrin 2020)